Faits saillants
Les relocalisations des personnes depuis les sites de transit vers les camps temporaires sont freinées par les délais dans la construction d’abris et d’infrastructures en eau et assainissement.
Le gouvernement a décidé de revoir l’aménagement du camp temporaire de Maingama pour maximiser le nombre d'habitants et accélérer le rythme de construction.
La recrudescence des cas de paludisme dans les sites et les camps temporaires se confirme, avec un taux de mortalité de 50%.
L'assistance des retournés vivant dans les villages hôtes demeure toujours faible. Des besoins humanitaires persistent notamment dans le domaine de l'eau, hygiène et assainissement (EHA).
L’Agence d’aide humanitaire de l’Union Européenne (ECHO) au Tchad, a annoncé une enveloppe d'un million d’euros pour répondre aux impacts de la crise en RCA.
113 086 Retournés et refugiés de la RCA enregistrés depuis le début de l’année 2014. (Source OIM)
21 231 Personnes dans les trois camps temporaires au Tchad. (Source OIM, CCCM)
41 547 Personnes dans les sites de transit dans le sud du pays. (Source OIM, CCCM)
18 150 Retournés dans des villages d'accueil et en dehors des sites. (Source OCHA, OXFAM)
15 695 Refugiés de la RCA au Tchad arrivés depuis janvier 2013. (Source UNHCR)
Aperçu de la situation
Les arrivées de nouvelles personnes fuyant les violences dans la République Centrafricaine (RCA) au Tchad ne sont plus que sporadiques depuis fin août. Un groupe de 67 personnes est nouvellement arrivé à Mbitoye, le 8 septembre, en provenance de Béti au Cameroun. Ces personnes sont arrivées dans une situation physique très éprouvée.
Les relocalisations des sites de transit dans le sud du pays vers les camps temporaires sont freinées à cause de délais dans l’aménagement des camps et de l'insuffisance d'espace permettant la construction de plus d'abris. Au 15 septembre, plus de 21 000 personnes habitaient dans les camps temporaires de Danamadja (Logone Oriental), Maingama (Moyen Chari) et Gaoui/Zafaye proche de N'Djamena.
Néanmoins, plus de 41 000 personnes restent actuellement dans les sites de transit de Sido et Doyaba (Moyen Chari), Kobitey et Mbitoye (Logone Oriental) et Djako (Logone Occidental). Il est important de noter qu’en dehors des sites, plus de 18 000 personnes se trouvent dans des familles hôtes ou sous des abris de fortune dans les régions du Mandoul et du Logone Oriental.
L'assistance des populations retournées vivant dans les familles d'accueil demeure toujours faible. Une mission conjointe d'OCHA, du PAM et de la Croix Rouge du Tchad (CRT) à Baibokoum et Mbitoye entre le 10 et le 13 septembre révèle qu’au moins 3 700 retournés, la plupart des éleveurs peuhls, continuent de vivre dans des conditions difficiles. Ceux qui n’ont pas pu s’installer avec des familles d'accueil, habitent dans des abris de fortune. La présence d'environ 2 000 têtes de bétails arrivés avec les éleveurs pourrait engendrer des conflits dans la zone notamment avec l'arrivée de la récolte en octobre.
La recrudescence des cas de paludisme dans les sites se confirme. Sur 3 300 malades consultés par l’ONG International Rescue Committee (IRC) dans les sites de Djako, Doyaba, Kobitey et Maingama, 1 665 souffrent de paludisme confirmé, soit un taux de morbidité proportionnelle de 50%. Face à cette augmentation, les acteurs du secteur santé (CRT, Centre de Support en Santé Internationale CSSI, IRC et Médecins Sans Frontières MSF) se mobilisent dans les actions curatives et préventives dans les camps temporaires, sur les sites de transit et auprès des populations des villages d'accueil. Les districts sanitaires sont aussi impliqués dans la réponse. Ils font non seulement la prise en charge des cas, mais également la donation des moustiquaires malgré leurs stocks très limités. Le stock des médicaments antipaludéens et l'approvisionnement des centres de santé ont été faits pour les sites de Kobitey, Maingama, Doyaba et Djako.
Le sixième cycle de distribution de coupons alimentaires par le PAM a été réalisé sur les sites de Baibokoum, Doyaba et Mbitoye. A la date du 15 septembre, un total de 32 580 bénéficiaires a été servi à travers les ONG Fédération Luthérienne Mondiale/ACTAlliance et Initiative Humanitaire pour le Développement Local (IHDL). L'assistance alimentaire à Danamadja, Djako, Kobitey, Maingama et Sido est également en cours. Pour le mois de septembre, un total de 66 940 bénéficiaires est ciblé. Ce nombre inclut 6 895 retournés intégrés dans les familles hôtes autour de Moissala dans la région du Mandoul.
Le Ministre de l'Education Nationale a lancé officiellement la rentrée scolaire le 14 septembre 2014 pour une rentrée des classes qui sera effective à partir du 1er octobre. Le Ministre a insisté sur la nécessité d'intégrer les écoles des camps temporaires et des sites de transit dans le système éducatif national. Il a interpellé les parents d’élèves à prendre leur responsabilité par rapport aux infrastructures communautaires qui subissent trop souvent des actes de vandalisme et de destruction. L’une des préoccupations majeures reste la question de la prise en charge des enseignants recrutés.
Les conventions signées entre les trois gestionnaires des sites temporaires et le gouvernement se terminent en fin décembre 2014. L’Agence de Développement Economique et Social (ADES), le Secours Catholique et Développement (SECADEV) et la CRT s'inquiètent pour la suite des activités au-delà de décembre 2014 vu que les besoins des personnes sur les sites demeurent importants. Le non renouvellement de la convention aura un impact négatif sur la coordination et la gestion des sites et de surcroit sur la réponse humanitaire pour les retournés. Le plan a moyen et long terme du gouvernement est en cours d'élaboration et pourrait clarifier la vision des autorités sur cette problématique.